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Enseigner les maths avec Le Choix de l'école

“J’interdis la calculette. Je veux qu’ils comprennent ce qu’ils font.”

“J’interdis la calculette. Je veux qu’ils comprennent ce qu’ils font.” 600 400 Le choix de l'école

Camille enseigne les maths dans un collège d’éducation prioritaire de Seine-Saint-Denis depuis septembre 2019.

“J'interdis la calculette. Je veux qu'ils comprennent ce qu'ils font.”

Ingénieure diplômée des Mines de Saint-Étienne, Camille a toujours eu, dans un coin de sa tête, l’envie d’enseigner. Après une première expérience dans une entreprise de l’énergie, elle écoute la petite voix qui la pousse vers un véritable engagement professionnel. Depuis septembre 2019, elle enseigne les mathématiques dans un collège d’éducation prioritaire de Seine Saint-Denis (93) avec l’accompagnement du Choix de l’école. Interview.

“Face aux élèves, on ne peut pas faire semblant, on est qui on est.”

Clairement, quand on commence ce métier, on arrive avec beaucoup de théorie sur la gestion de classe.

Tout le monde m’avait dit “Sois super sérieuse les premiers temps, lâche pas un sourire.”

Mais j’ai vite compris que face aux élèves, on ne peut pas se renier, on ne peut pas faire semblant. On est prof avec nos tripes, on est qui on est.

“Avec les élèves, rien n’est jamais perdu.”

J’ai été surprise par l’enthousiasme et la motivation des élèves. Ils sont super dynamiques.  Autre bonne découverte : avec eux, rien n’est jamais perdu ! Si un cours se passe mal avec une classe, ça ne veut pas dire que le prochain ne pourra pas très bien se passer.

Et c’est là un autre aspect du métier que j’aime beaucoup : chaque jour peut être un nouveau départ.

En septembre, je suis arrivée en classe avec des choses à mettre en place que j’avais vues lors de l’université d’été, des conseils que des profs expérimentés m’avaient donné. Tout n’a pas fonctionné tout de suite, mais j’avais plein de ressources pour essayer autre chose et trouver jour après jour la bonne formule.

“Il y a énormément de place pour la créativité en maths.”

Enseigner exige et permet beaucoup de créativité. Il y a le programme de maths certes, mais pour y arriver, j’emprunte le chemin que je veux. Avec mes trois classes de 5e, je peux essayer trois méthodes différentes pour traiter une même notion.

L’essentiel, c’est que ça fonctionne !

Dans ma scolarité, j’ai toujours abordé les maths comme un jeu, comme des énigmes à résoudre. J’essaye de présenter les maths de cette manière à mes élèves.

“On a rangé les calculettes, et on est revenus aux jetons et aux bâtons.”

Dans ma classe, certains n’avaient pas compris ce qu’est additionner ou multiplier, ce qui peut passer inaperçu avec une calculette. Donc on a rangé les calculettes, et on est revenu aux jetons et aux bâtons.

J’interdis la calculette car je veux qu’ils comprennent ce qu’ils font. Ils ont du mal à accepter cette règle, mais quand ils comprennent une opération simple, ils sont super fiers de se rendre compte qu’ils sont capables de le faire sans ordinateur.

“Je ne m’ennuie pas une seconde.”

C’est un métier qui te sollicite entièrement, l’esprit et le corps. Je sors de mes journées fatiguée mais je ne m’ennuie pas une seconde.

Le collège, c’est encore un âge où la qualité de la relation avec le prof joue beaucoup sur le rapport de l’élève à la matière. Une petite attention à un élève peut tout changer. Donc je travaille beaucoup ma relation avec mes élèves pour les amener en douceur, en confiance, à s’ouvrir à la matière.

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