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Intervention de l'association Rage d'exister dans une classe de 6 ème

“On peut avoir un handicap et être heureux.”

“On peut avoir un handicap et être heureux.” 1024 684 Le choix de l'école

“On peut avoir un handicap et être heureux.”

En plus d’enseigner le français en collège, Danaé s’investit bénévolement pour l’association Rage d’exister qui défend le pouvoir d’agir des personnes en situation de handicap.

Le 8 janvier, elle a fait intervenir cette association dans ses classes, afin que les élèves posent un autre regard sur les personnes en situation de handicap. S’en est suivie une conversation sans tabou qui a suscité “un milliard” de questions chez les élèves et a permis d’aborder des sujets comme l’importance de la communication, le bonheur, les rêves, la résilience, l’autonomie ou encore la confiance en soi.

“Les enfants n’ont pas souvent l’occasion de rencontrer des personnes en situation de handicap.”

Depuis que j’enseigne, j’ai constaté que les élèves n’avaient que très rarement l’occasion de rencontrer ces personnes qui font pourtant complètement partie de la société et qui ont bien souvent des choses à nous apprendre. J’ai organisé la venue de Philippe et Guillaume, deux personnes en situation de handicap et membres de l’association Rage d’exister dont Philippe est le fondateur, dans mes classes afin qu’ils puissent échanger avec mes élèves sur leurs parcours, leurs expériences, la vie, discuter quoi.

L’objectif était que les collégiens puissent déconstruire leurs a priori par rapport aux personnes en situation de handicap et les amener à réfléchir sur la notion de vulnérabilité. Je trouve que c’est important de faire réfléchir les collégiens sur ces sujets au moment où ils commencent à se construire en tant qu’individus, en tant que citoyens.

“Les élèves ont posé un milliard de questions, simples et pragmatiques comme plus philosophiques.”

Avec les personnes handicapées, il n’y a plus la notion de paraître, ce sont des personnes qui vont directement à l’essentiel, sans tabou et sans “prendre des pincettes”. Ça a tout de suite brisé la glace et la plupart des élèves se sont lâchés. Ils ont posé un milliard de questions, certaines pragmatiques, simples et directes :

Comment allez-vous aux toilettes ? Comment mangez-vous ? Combien coûte votre fauteuil ? Comment faites-vous quand les personnes qui vous aident sont malades ?

D’autres beaucoup plus philosophiques :

Préféreriez-vous avoir un handicap ou ne pas en avoir ? Si vous n’aviez plus de handicap du jour au lendemain quelle serait la première chose que vous feriez ? Est ce que vous êtes heureux, quels sont vos rêves, est-ce que vous voulez vous marier ? Qu’est-ce que ça vous fait le regard des autres ?

Et les réponses furent tout aussi spontanées : 

La première chose que je ferais, ce serait de parler, sans synthèse vocale.

On peut avoir un handicap et être heureux.

Je pensais que je me marierais et j’aurais des enfants mais aujourd’hui j’accepte que cela n’arrive jamais.

Ces échanges ont permis d’aborder des sujets divers avec les élèves tels que l’importance de la communication, le bonheur, les rêves, la résilience, l’autonomie ou encore la confiance en soi : “L’autonomie c’est savoir demander.” répète souvent Guillaume.

“Ils étaient comme hypnotisés devant la synthèse vocale.”

Philippe ne peut ni parler ni se mouvoir seul suite à un accident de naissance. Il communique donc à travers une synthèse vocale à commande oculaire ou bien avec l’aide de quelqu’un (en l’occurrence Sylvain, consultant dit “valide” qui travaille avec Philippe, avec qui ils pratiquent une méthode d’épellation développée par Philippe.).

Les élèves ont donc assisté à ces méthodes de communication en direct, et se sont retrouvés complètement chamboulés et hypnotisés devant la synthèse vocale. Au-delà de l’aspect technologique, Philippe a un regard très intense et c’était touchant de voir cette interaction avec les élèves.

C’est fou ! Mais ça marche comment votre truc ? Vous êtes incroyable monsieur ! J’avais jamais vu quelqu’un en fauteuil roulant, merci !

Certains élèves étaient au départ plus réservés car assez impressionnés par cette rencontre, puis au fur et à mesure ils se sont lâchés : “Mais ils sont trop sympas, ils sont comme nous en fait !”

À la fin, un élève a demandé à Philippe : “Est-ce qu’on peut voir le sourire de Philippe derrière son masque ?”

“Voir deux personnes bien dans leur peau, avec plein de projets, ça a questionné ces clichés par rapport au handicap.”

C’était vraiment un très bel échange ! Les intervenants et les élèves étaient tous très contents. 

D’un point de vue personnel, je pense que cette rencontre a un peu cassé ces modèles, ces préjugés, selon lesquels le handicap est toujours en bas de l’échelle sociale ; préjugés selon lesquels on ne peut pas être heureux ou avoir des projets lorsqu’on est en situation de handicap. Et là, voir deux personnes bien dans leur peau, avec plein de projets, ça a questionné ces clichés.

Et puis, je suis très contente d’avoir été soutenue par mon établissement pour organiser cette intervention. Plusieurs adultes du collège sont d’ailleurs venus dans chacune des trois classes, que ce soit des collègues enseignants, l’infirmière ou la principale adjointe, tout le monde est passé nous dire bonjour.

J’ai bien envie d’utiliser cette rencontre qui a marqué les élèves, comme fil conducteur sur plusieurs activités au cours de l’année. Je pense notamment à des débats de philosophie avec mes élèves.

Déposez votre candidature en ligne pour faire votre première rentrée comme enseignant en collège avec Le Choix de l’école.

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