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Pierre-Alexis, professeur avec Le Choix de l'école

“J’enseigne par amour des enfants, plus que par amour des maths.”

“J’enseigne par amour des enfants, plus que par amour des maths.” 1024 684 Le choix de l'école

Pierre-Alexis est professeur de mathématiques en collège avec l’accompagnement du Choix de l’école.

“J’enseigne par amour des enfants, plus que par amour des maths.”

Pierre-Alexis revient sur son premier trimestre en collège d’éducation prioritaire : beaucoup de travail oui, mais aussi le plaisir retrouvé du contact avec des enfants.

Comment s’est passé ton premier trimestre ?

Je travaille beaucoup, ces premiers mois ont vraiment été très intenses. J’ai dû débrancher un peu ma vie sociale, en revanche je fais davantage de sport. Donc beaucoup de travail, mais aussi beaucoup de passion !

Après quelques moments de doutes les jours avant la rentrée, j’ai eu un plaisir immédiat à passer du temps avec des enfants.

En plus, sans s’en rendre compte, ils te font des retours permanents, donc j’apprends très vite grâce à eux.

Qu’est-ce qui t’a demandé le plus de travail ?

J’ai vite compris que le cours magistral, ce n’était pas pour moi. Alors j’ai choisi de faire cours en laissant la classe en apprentissage autonome. Les élèves ont un plan de travail avec l’ensemble des consignes et tous les supports d’apprentissage à leur disposition (cours, exercices, corrigés) pour chaque chapitre. Je reste à leur disposition en cas de questions.

Ce fonctionnement en autonomie implique d’avoir mon support de cours et mon plan de travail prêts très en avance. Et au fur et à mesure de la progression de chaque élève, je distribue des exercices et des corrigés d’exercices.

Quand j’ai dit aux tuteurs du Choix de l’école que je voulais fonctionner comme ça, ils m’ont prévenu que c’était un projet ambitieux, mais ils m’ont bien accompagné. Leur expertise m’a permis d’être réaliste sur les difficultés du projet, plutôt que de partir la fleur au fusil.

Comment enseigne-t-on une matière souvent mal aimée comme les maths ?

Je suis devenu professeur par amour des enfants, plus que par amour des maths. Les maths, c’est une matière que j’aime bien, et qui m’a a priori permis de construire ma capacité à raisonner, mais je trouve qu’on lui donne souvent beaucoup trop d’importance.

Mon objectif : descendre les maths de leur piédestal pour que les élèves dédramatisent cette matière.

Et comment fait-on descendre les maths de leur piédestal ?

Lors de la semaine de rentrée, j’ai fait passer aux élèves le test des intelligences multiples selon lequel il existe plusieurs types d’intelligence. Je voulais juste qu’ils comprennent que ne pas avoir d’intelligence logico-mathématique ne veut pas dire être idiot, et qu’en plus, les différentes formes d’intelligence, ça se développe.

Autre façon de dédramatiser les maths, je leur explique que le plus important ce n’est pas de connaître tous les objets mathématiques abstraits (triangle, nombres, etc.), mais de savoir raisonner avec eux, de savoir réfléchir de façon logique.

As-tu ressenti un décalage entre l’image que tu te faisais de ton métier et la réalité ?

Je n’ai pas ressenti de décalage car je savais que le collège, c’est super dur. C’est un lieu de contraintes pour tout le monde, particulièrement pour des collégiens qui ont parfois des histoires personnelles difficiles.

Au sein de cet univers de contraintes qu’est le collège, je veux que mon cours soit un endroit où les élèves se sentent bien.

J’essaye de leur ouvrir une porte sur le monde et d’autres façons de penser. Je veux aussi qu’ils se sortent de la tête qu’ils sont nuls et qu’au collège, ils sont déjà condamnés, qu’il est déjà trop tard pour eux.

À quel moment de ton parcours t’es-tu dit que tu allais devenir professeur ?

J’ai eu le déclic lors de mon semestre de spécialisation en entrepreneuriat à l’ESCP. Mon projet entrepreneurial était lié à l’éducation et ça a été l’occasion de rencontrer plein de profs incroyables, dont une professeure de technologie en Seine-et-Marne qui faisait passer un brevet de copilote de planeur à ses élèves. Elle avait même réussi à faire parrainer le projet par un pilote de la patrouille de France.

C’est là que j’ai compris que les professeurs sont vraiment aux manettes du changement de l’éducation et peuvent avoir un impact direct sur les élèves.

L’enseignement, c’est ultra opérationnel, un vrai métier d’entrepreneur.

Et puis aussi au sein du NOISE, l’association que j’ai co-fondée, j’ai toujours aimé la dimension éducative. Au NOISE, tu apprends ce que tu n’apprends pas à l’école : la connaissance de soi, des autres et du monde.

Après l’obtention de mon diplôme fin 2015, j’ai travaillé trois ans dans l’enseignement supérieur : deux ans à l’ESCP et un an au CRI. C’est en échangeant avec une rectrice en février dernier que j’ai eu le déclic et j’ai sauté le pas pour devenir professeur au collège.

Et après les deux années du programme Le Choix de l’école ?

Soit je serai encore professeur dans cinq ans, et là ce sera à la campagne donc pas forcément en éducation prioritaire, mais plutôt en zone rurale. Ou bien je passerai le concours de chef d’établissement. J’aimerais mélanger mon expérience et mon goût pour la pédagogie avec l’expérience de gestion que j’ai acquise à l’ESCP.

Un conseil pour ceux qui envisagent de devenir professeur ?

Ne le faites pas si vous n’aimez pas profondément les enfants ! En classe, j’ai tout de suite retrouvé ce que j’ai aimé quand j’ai passé le BAFA. Lors de cette expérience, tu vois si tu aimes vivre au quotidien avec les enfants, interagir avec eux, être là pour eux. Pour moi, ça a été une super formation et un pré-requis avant de devenir professeur.

POUR ALLER PLUS LOIN

  • Pour en savoir plus sur le programme Le Choix de l’école et rencontrer les enseignants, participez à notre prochaine réunion d’information.
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